Abécédaire

 

 
Zigzag
 
 


Mathilde Faugère

24/06/2017

 

 

Zig.

Le mot daterait de 1662, et désignait, il paraît, une sorte de losange en bois articulé capable de s’allonger et de se replier à volonté, comme composé de deux zigs, et deux zags.

 

Zag.

C’est le ciseau cranteur de l’enfance qui m’apparaît d’abord quand je pense au mot, faisant faire d’un seul mouvement, si simple et rectiligne (et pourtant le ciseau cranteur résiste à la main de l’enfant, il faut appuyer fort), de merveilleuses dents, en zig et en zag au papier ou au tissu.

 

Zig.

Le mot sert également de nom vernaculaire à un papillon, d’origine européenne, lequel s’avère finalement être, à la ligne suivante du Trésor de la langue française, un nuisible dangereux. Sa chenille dévore dangereusement les feuilles des arbres en Amérique. (Zigzag des lignes et des connotations).

 

Zag.

J’en aime surtout le verbe « zigzaguer » et le mouvement qu’il désigne, non plus regarder le zigzag de la route, l’observer, mais le pratiquer, faire les zigzags. D’ailleurs cela se fait à pied, en voiture ou à vélo on slalome davantage, on tourne, on est moins maniable.

 

Zig.

Le mot a une origine onomatopéique bien sûr, il est le même en italien, en espagnol et en anglais, et l’envie démange de renverser le z pour faire apparaître les branches du zig et du zag. Cela marche moins bien en suédois avec le siksak, ou en croate avec le cik-cak, mais il y a toujours le k. Le comble du zigzag, cependant, revient sans doute à l’allemand et son ZickZack, ses z et ses k dans lesquels on retrouve presque le losange du départ.

 

Zag.

On dit qu’aujourd’hui, tous nous menons des vies en zigzags : dans nos métiers, nos journées, nos amours, nous serions ballotés d’un côté et de l’autre, mais capable de nous refaire, vite : « et hop, à l’arête suivante ». La forme, à y réfléchir comme ça, me semble moins sympathique – malgré une familiarité certaine : certes la ligne n’est plus droite mais nous sommes toujours bloqués sur une ligne… et toujours à la merci du cran suivant. J’aimerais trouver une forme alternative… l’épi ? Il part dans tous les sens, s’allonge, se répand, potentiellement. Reste toujours le risque d’être rangé…

   

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