Hélène Merlin-Kajman

 


4 Mai 2020

 

 

Voir et ne pas voir

« Par ma fenêtre je ne vois rien, je n’entends rien. Là est peut-être l’expérience », écrit Pierre-Antoine Fabre dans son sablier.

Ce paradoxe développé avec autant de subtilité que de profondeur me paraît caractériser l’ensemble de nos écritures de la semaine. Comment voir une hirondelle qui fasse le printemps (Tiphaine Pocquet, Michèle Rosellini, moi-même) ? Quel est le visible de la tempête regardée dans l’adage de Lucrèce (Guido Furci) ? Comment lire l’extrait de Cendrars qui évoque son expérience d’écrivain dans les tranchées de 14-18 dans le contexte du covid-19 (Adrien Chassain, Lise Forment, Marie-Dominique Laporte) ? Comment « sortir » quand on « sort une heure » (Charlotte Taïeb, moi-même) ? Comment vivre l’intérieur à l’intérieur du confinement (Charlotte Taïeb) ? Comment poursuivre un dialogue critique commencé il y a cinq mois autour d’un extrait du Grand Cahier d’Agota Kristof (Guido Furci) ? Quel geste solitaire recompose l’émotion d’un combat de karaté (Carole Atem) ? Quel rituel pourrait permettre de « ne pas faire de cauchemar » (Tristan Bourhis) ? Quel humour énorme réussit à se glisser dans les rêves (Guido Furci) ?

Il y a actuellement une sorte de double bind diffus qui plane au-dessus de nous tous, même s’il change ses injonctions en fonction des plans où l’on se place, où l’on est placé. Mais nos textes disent aussi ce qu’écrit Pierre-Antoine Fabre : « L’avenir balbutie et nous n’entendons pas encore son chant. »

Amorcé ici par Charlotte Taïeb, notre prochain thème du sablier sera : « la vie de famille ».

Mais nous poursuivrons les précédents.

H.M.-K.

 

Nous attendons vos textes.

 

Prochain sablier : « La vie de famille »

Prochaine saynète : un texte de Simenon.

Prochain adage  : « L'occasion est chauve »

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