Littérarité n°3

 

 

 

Préambule

Le 5 décembre dernier, Brice Tabeling soutenait en Sorbonne sa thèse de doctorat intitulée L’écriture familière au XVIIe siècle en France. Le texte qui suit est son discours d’ouverture, que nous avons souhaité mettre à disposition des lecteurs de Transitions. Pourquoi ? Parce que Brice Tabeling est un « familier » et que nos lecteurs reconnaîtront dans ce travail les traces de réflexions menées collectivement, au sein de notre mouvement et sous l’impulsion d’Hélène Merlin-Kajman – en particulier sur le lien entre littérarité et civilité. Parce que s’y découvrent avant tout une pensée singulière, en mouvement, et un critique (ni tout à fait historien ni tout à fait théoricien… un « littéraire » !) qui expose ses décisions méthodologiques et épistémologiques, qui dit de quoi il est devenu « spécialiste » et déclare son « éthique ». Il dit ses hésitations – l’exercice académique les réclame presque –, mais avec une audace peu commune, qui suffit à justifier, à mon sens, ce geste de publication inhabituel.

Ce discours de soutenance n’est pas un article. En un certain sens, il est sans doute moins qu’un article (par sa brièveté, par ses quelques marques d’oralité) ; mais il est aussi, assurément, bien plus qu’un article, par son intensité, par l’importance et la généralité des problèmes soulevés : « Pourquoi analyser, et comment, des textes littéraires ? Pour quelles raisons produire un discours critique sur les œuvres du XVIIe siècle ? », demande Brice Tabeling dès les premières lignes. Et les trois motifs d’hésitation, les trois points de concernement qu’il détaille à partir de ces interrogations si vastes restreignent à peine le champ immense d’un tel questionnement. De l’audace, disais-je…

De la nature incertaine de son objet (un corpus ? une période ? une question théorique ?), il tire une définition de la critique, il circonscrit la tâche du « littéraire » et il énonce une forme d’éthique. À ses yeux, « le travail critique ne vise pas tant à établir le sens véritable des œuvres qu’à évaluer leurs significations et leurs effets à travers une instance déterminée de réception, c’est-à-dire en anticipant constamment leur interprétation » – c’est-à-dire, aussi, sans jamais « prétendre qu’un dehors » (le corpus, l’œuvre, le texte, peu importe quelle échelle on choisit ou comment on le nomme) puisse prouver la pertinence de cette interprétation, ni asseoir l’autorité du commentateur. La cohérence visée par le langage critique devrait-elle alors se fonder sur des critères purement internes, à l’image de ce rapport à l’objet littéraire, « travail[lé] de l’intérieur » ? À un objet incertain, répondrait joyeusement un métalangage inattaquable, masquant ce qu’il reste toujours d’instable dans un texte, d’impropre dans son commentaire, réduisant aussi au silence le dialogue critique. Cependant, il y a bien un « dehors », un extérieur au travail du « littéraire » : c’est celui de la discussion, de la scène agonistique sur laquelle elle se déploie et dans laquelle le travail de Brice Tabeling vient s’inscrire.

Ultimement, cette scène en rappelle peut-être d’autres, formant « l’extériorité du dehors », le « réel », auquel il s’agit aussi de faire place dans le commentaire. La définition que Brice Tabeling donne de l’objet littéraire le dit déjà, en sourdine : « serait littéraire tout objet qui est appréhendé par une interprétation (ou une lecture, ou une réception) qui fait place à l’impropre de son propre langage. Cela peut être une émotion dont on ne sait que dire, une impression de vérité à la suite d’une phrase bancale, la surcharge panique d’un moment de trauma , un moment de plaisir ou encore la chaleur que tisse la parole autour de son noyau le verbe qu’on appelle nous . » Sa conclusion insiste encore sur cette articulation nécessaire mais délicate : « si le témoignage continu qu’il y a du réel est la condition pour que l’interprétation littéraire ne soit pas sophistique, un langage critique qui forcerait le réel historique ou social ou psychique dans ses commentaires serait, à l’inverse, tyrannique. C’est également de cet entre-deux – un entre-deux que je veux croire éthique – que j’ai écrit ma thèse sur l’écriture familière. » Un entre-deux, donc, un espace où se mouvoir, pas un juste milieu où se tenir, ni une bonne distance à trouver… Image et définition possibles, singulières, de la transitionnalité. À suivre…

L. F.

Brice Tabeling est actuellement en séjour de recherche à l'université de Cornell (Ithaca), il a soutenu en décembre 2017 sa thèse sur « L'Ecriture familière au XVIIe siècle en France » dirigée par Hélène Merlin-Kajman. Il est membre du comité de rédaction de Transitions depuis sa création et co-dirige le mouvement depuis 2016. 

 

 



Lire en littéraire. Réflexions à partir de l'écriture familière au XVIIe siècle.
Discours de soutenance de thèse

 

 

 

Brice Tabeling

13/01/2018
                                        

  

 

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres du jury,

 

Je suis particulièrement heureux de vous présenter aujourd’hui ma thèse de doctorat intitulée L’écriture familière au XVIIe siècle en France.

J’aimerais saisir l’occasion de ce discours de soutenance pour évoquer plusieurs questions qui ont moins à voir avec l’argument même de mon texte qu’avec les décisions méthodologiques ou épistémologiques qui l’ont accompagné et, d’une certaine manière, rendu possible.

J’ai cru comprendre qu’un discours de soutenance avait pour but de construire une manière d’harmonie entre le parcours du doctorant et son doctorat, qu’il devait montrer comment la trajectoire personnelle, intellectuelle et institutionnelle du candidat prenait sens à travers son travail. Il me paraîtrait très injuste, peut-être même cruel, de demander une telle chose à cette thèse. Et bien que je respecte les raisons de l’exercice rhétorique, je ne peux sans malhonnêteté placer sous le signe de l’harmonie les relations entre ce document et moi, et encore moins y fonder un éthos, aussi circonstanciel soit-il. 

Surtout, ma thèse me paraît aujourd’hui indissociable de problèmes théoriques portant sur la nature de mon travail, ses conditions de possibilité et ses objectifs. Pourquoi analyser, et comment, des textes littéraires ? Pour quelles raisons produire un discours critique sur les œuvres du XVIIe siècle ? Ces interrogations, aussi vagues et naïves soient-elles, ont fini par occuper une part de plus en plus importante de mes choix critiques au point qu’il m’est difficile de dire, aujourd’hui, si mes arguments, ma manière de lire, ou même mes efforts de nuance, ont été déterminés par mon sujet – l’écriture familière au XVIIe siècle – ou par mes inquiétudes sur ma « méthode » et le sens de ce que j’étais en train de faire – disons de la « recherche littéraire ».  

Je vais donc évoquer trois problèmes, trois hésitations. Hésitation sur la nature de mon objet (s’agit-il d’œuvres, d’une question théorique, d’autre chose ?), sur mon langage critique (quel type de cohérence doit-il viser ? quels sont les critères qui doivent l’organiser ?) et enfin sur le référent historique ou social (quelle est la place dans mon travail de ce référent, de la réalité ?).  

Ces questions, je ne prétends pas qu’elles aient la moindre originalité. Si je les pose cependant, c’est, d’une part, qu’elles composent un récit parallèle mais déterminant de l’écriture de ma thèse (ce serait l’histoire de mes doutes, de mes hésitations) et, d’autre part, que les réponses que j’y ai parfois apportées constituent selon moi un résultat positif de mon travail.

 

1. Hésitation sur mon objet

Je définis dans ma thèse l’écriture familière comme l’espace d’une question sur le passage d’une langue immature à un langage qualifié. Au sein de ce que j’appelle « langue immature », la distinction d’un sens est secondaire par rapport à la relation communautaire qui y est mise en jeu, alors que le langage « qualifié » se fonde, à l’inverse, sur la signification et qu’il est solidaire d’une compréhension de la langue comme système de différences. Une telle définition, je l’appuie notamment sur une lecture de Cicéron et j’en recherche les apparitions de Montaigne à Molière en tentant de montrer comment elle éclaire certains débats au XVIIe siècle – la querelle des Lettres, celle de l’Ecole des femmes, le purisme, la galanterie, le libertinage, etc.

Définir l’écriture familière comme « l’espace d’une question » pose, au-delà du caractère un peu abstrait de cette formulation, une première difficulté quant au statut de l’interprétation car, en définitive, où exactement se formule une telle question ? Dans les textes sources ou dans leurs commentaires ? La définition cicéronienne où ce passage, cette transition immature/qualifiée, est en jeu, se trouve dans Les Devoirs, texte de théorisation politico-morale. Mais mon travail prétend la repérer également chez Montaigne, Théophile de Viau, Guez de Balzac, Tristan L’Hermite, etc. Ces textes incorporent-ils une interrogation sur le statut linguistico-politique de leur langage ? Non. Où se confirme alors ma définition de l’écriture familière comme « espace d’une question » ? Mes interprétations ne portent-elles pas, de ce point de vue, plutôt que sur « l’écriture familière », sur le problème de sa théorisation par les textes qui commentent les écrits familiers ?

En accordant à l’écriture familière une forme de réflexivité théorique, j’impose aux écrits « familiers » une dimension méta-discursive qui provient en vérité des textes qui les interprètent et les théorisent. De là, une abolition de la distinction entre corpus primaire et secondaire (voire complémentaire). Cette décision critique, je pourrais peut-être m’en décharger sur Cicéron : ce serait dans ce cas mon objet d’étude qui aurait lui-même conduit à cette indistinction entre les œuvres et leurs commentaires.

Pourtant, je crois qu’elle repose, également ou en définitive, sur une conviction qui s’est construite progressivement en lisant le travail d’Hélène Merlin-Kajman et en participant au mouvement Transitions, à savoir que le travail critique ne vise pas tant à établir le sens véritable des œuvres qu’à évaluer leurs significations et leurs effets à travers une instance déterminée de réception, c’est-à-dire en anticipant constamment leur interprétation. Je distingue mal le corpus primaire du corpus secondaire parce que je ne cesse d’accompagner le texte du commentaire (théorique) que, par hypothèse, il produit ou rappelle sur les conditions de son partage et celles de son interprétation. En ce sens, il n’y a, pour moi, d’objet « littéraire » qui ne soit toujours doublé par son commentaire : et je mets sur le même plan Le Misanthrope de Molière et l’Apologie de Monsieur Guez de Balzac car l’un et l’autre, à mes yeux, contribuent au discours théorique sur les textes familiers et participent au débat sur l’écriture familière. 

Ce problème a acquis une telle importance que j’ai pensé à un moment donné reprendre l’ensemble de mon travail en l’organisant non plus sous la forme chronologique qu’il a aujourd’hui mais en une série de « plateaux critiques » définis par des problèmes théoriques singuliers. L’avantage à mes yeux de ces « plateaux » aurait été de réduire l’idée que ce sont les textes contemporains (et leurs relations intertextuelles) qui fondent ma démarche et de rendre toute leur importance aux commentaires passés ou actuels dans la détermination de mon argument.

Je n’ai finalement pas opté pour cette réorganisation et j’ai conservé l’ordre chronologique. Je n’ai pourtant pas soudainement découvert une manière de distinguer mon objet de ses commentaires : ils sont au contraire restés profondément entremêlés mais j’ai fini par consentir à cet entremêlement car il m’est apparu comme constitutif de la nature hybride de mon travail de « littéraire ». À la différence, par exemple, d’un historien ou d’un sociologue, je n’ai pas de « dehors » (la réalité d’un événement passé ou l’observation d’un fait social) qui viendrait départager mes propositions interprétatives. Je ne crois pas que les textes sources puissent constituer ce « dehors » : un texte est toujours lu, c’est-à-dire interprété. Il est de la même matière que son commentaire. Ce qui, selon moi, détermine la qualité d’une interprétation, c’est aussi une forme d’éthique que définissent d’abord la reconnaissance de la relativité de son discours et le désir de le travailler de l’intérieur sans prétendre qu’un dehors – le corpus primaire – puisse venir le vérifier ou lui conférer sa validité.

 

2. Hésitation sur le langage critique

Mon deuxième point – le langage critique – procède également des problèmes posés par ma compréhension de l’écriture familière. Je crois pouvoir dire que cette définition est singulière, ce qui est pour moi, loin de tout orgueil, d’abord une manière de formuler une difficulté. Car ni les textes contemporains, ni la critique actuelle ne sollicitent le terme en lui donnant le sens que je lui donne. En quoi, de ce point de vue, ma thèse porte-t-elle sur l’écriture familière ? Ne faudra-t-il pas renommer le sujet de manière à éviter toute équivoque ?

Ce risque d’équivoque affecte, à vrai dire, une grande partie de mon lexique critique : non seulement « familier » mais encore « style », « galanterie », « libertinage », « représentation », « comique », « ridicule », « langue », « langage », etc. Dans son usage habituel, chacun de ces termes me semble faire obstacle à l’argument que j’essaye de développer notamment, mais pas exclusivement, en présupposant une stabilité notionnelle quand j’essaye, à l’inverse, de dessiner la scène théorique, à la fois aporétique et hétérogène, qui se joue derrière chaque événement dans le langage.

Cette difficulté apparaît le plus nettement dans mon travail autour des textes libertins. Mon usage du terme « libertinage » est, de manière perceptible je pense, embarrassé. Ce terme pouvais-je vraiment lui confier le soin d’organiser une série textuelle – un chapitre –, alors qu’une partie de la critique dix-septiémiste l’a surchargé de présupposés sur le rôle du contexte répressif dans la détermination du sens et des enjeux des œuvres dite « libertines » ? N’est-il pas plus efficace, puisque je suspendais partiellement l’impact de la répression absolutiste, de renoncer au mot de « libertinage » et de ses dérivés ? Ne devais-je lui préférer un néologisme qui aurait exprimé plus nettement ma perspective sur ces textes et la raison de leur rassemblement, à savoir un mouvement de régression qui inverse la transition familière du langage ? Plutôt que des textes libertins, n’aurais-je dû parler de textes familiaro-linguistico-régressifs ?

Là encore, l’objet de mon travail a partiellement déterminé ma réponse à cette question. Non pas ma lecture des textes libertins d’ailleurs mais celle des Essais qui m’ont appris le coût des opérations de traduction des termes critiques (en l’occurrence, le coût de la traduction au sein de la tradition rhétorique néo-latine des termes utilisés par Montaigne pour décrire son style). Leçon parfaitement négative : tout renoncement à un terme critique pour le bénéfice de la cohérence de son propre métalangage équivaut à l’effacement d’une instabilité nécessaire pour comprendre les enjeux du terme en question.

Mais cette réticence à abandonner les termes de la tradition critique, ne peut-elle également se formuler à travers une éthique de l’interprétation littéraire ? D’une part, tout argument critique a une provenance qui constitue, parfois négativement, ses présupposés, provenance à laquelle j’ai constamment voulu faire droit. À cet égard, j’ai une conscience aigüe que, sans les études de Marc Fumaroli dont je conteste pourtant avec une certaine régularité les arguments, mon travail n’existerait pas. D’autre part, il me semble que ma thèse (et j’aurais envie de dire : toute proposition interprétative) ne prend son sens qu’à partir des effets qu’elle provoque au sein de la discussion du champ critique qui l’accueille. L’objet véritable d’un commentaire critique n’est-il pas, de ce point de vue, plutôt que l’œuvre dont il est l’occasion, l’ensemble des commentaires qui l’ont précédé ? C’est notamment avec le souci de cette discussion critique (et donc avec cette compréhension du sens de mon travail) que j’ai conservé, non sans les réajuster, les termes de « libertinage », de « galanterie », de « langue », etc. et que j’ai renoncé à mon « linguistico-régressif ».

J’en arrive à mon dernier point.

 

3. Le référent historique et social.

J’ai cependant formé un certain nombre de néologismes : la transition oikéiotique, la continuité sémiotico-sensible du théâtre moliéresque et l’aisthétique galante. Ces termes, qui ne se substituent pas à des vocables établis, me paraissaient nécessaires pour repérer, avec une forme de visibilité brutale, une figure dont l’instabilité conceptuelle était essentielle à mon argument. Chacun d’entre eux témoigne d’une décision critique qui est probablement première dans ma thèse : ne pas chercher à réduire les apories, le hiatus, les différends de l’hétérogène dans la formulation de mes propositions interprétatives.

Chacun de ces termes fait place à ce qui, dans mon langage critique, le déborde ou l’effondre : la transition inconcevable/concevable du langage familier, la matière signe et émotion de la communication comique, le lien formel sentimental qui répond au ban de la raillerie dans le langage.

Je ne prétendrais pas ici que cette attention à ces apories du langage soit née à l’occasion de mon travail sur l’écriture familière. Bien qu’elle ait pu se préciser lors de ma rédaction, elle a précédé l’écriture de cette thèse. Elle a à voir avec la manière dont j’envisage le « littéraire » : serait littéraire tout objet qui est appréhendé par une interprétation (ou une lecture, ou une réception) qui fait place à l’impropre de son propre langage. Cela peut être une émotion dont on ne sait que dire, une impression de vérité à la suite d’une phrase bancale, la surcharge panique d’un moment de trauma, un moment de plaisir ou encore la chaleur que tisse la parole autour de son noyau le verbe qu’on appelle nous

Il me semble que le discours critique « littéraire » a en charge cette extériorité interne au langage, ce que Lyotard appelle « le figural dans l’articulé ». À travers mon travail sur l’écriture familière, j’ai essayé au maximum de lui faire place.

Mais le travail critique a-t-il également en charge « l’extériorité du dehors », celle dont tout langage se sépare ?

Il me semble – et ceci explique, je crois, certains de mes choix interprétatifs et certaines de mes formulations – que si le langage critique littéraire se doit de constamment témoigner de l’existence d’une réalité extérieure et, dans la mesure du possible, de tenter des transitions, des hypothèses sur les modalités de l’articulation entre la réalité référentielle et le langage qu’il commente, il ne peut pas, par contre, prétendre prouver ces articulations car elles relèvent d’un autre régime de discours, d’un autre genre de langage.

Ces transitions, je les ai quelques fois tentées, notamment à travers ma lecture du style de Montaigne portant la mémoire des guerres de religion. Mais elles sont toujours fragiles. Car, me semble-t-il, si le témoignage continu qu’il y a du réel est la condition pour que l’interprétation littéraire ne soit pas sophistique, un langage critique qui forcerait le réel historique ou social ou psychique dans ses commentaires serait, à la l’inverse, tyrannique. C’est également de cet entre-deux – un entre-deux que je veux croire éthique – que j’ai écrit ma thèse sur l’écriture familière.

Je vous remercie.

 

 

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