Inédit

Hélène Merlin-Kajman, Adieu à  Serge Daney

 

 

 

Préambule

J'ai écrit ce texte dans les jours qui ont suivi la mort de Serge Daney, le 12 juin 1992. Le texte explique mes raisons, mais non celles qui l'ont motivé : il a été écrit en direction des membres d'un mouvement littéraire, « Alerte », à l'initiative duquel je me trouvais. Une polémique entre nous avait éclaté à propos de la question, théorique, de l'auteur (et de sa « mort »), de la signature. Il y eut rencontre, désespérée, dans mon expérience, entre cette polémique, l'avortement de notre mouvement, et la mort de Serge Daney. Dans ce texte, j'évoque son style, « un ton apocalyptique que j'aimais », et le « désespoir historique » qui l'habitait et que je partageais : j'y rappelle que ce désespoir était né dans le sillage de l'échec de l'Union de la gauche et du Programme commun, échec qui devait aboutir à la défaite des élections législatives en 1978 ; et que les morts successives de grandes figures de la gauche avaient alors pris une sorte de dimension allégorique (mon texte évoque même «le quasi suicide de Barthes »: c'était ainsi que certains avaient pu ressentir sa mort) avivant une intense mélancolie.

Transitions, me semble-t-il, tout en contact qu'il puisse être avec un tel désespoir - et se sera-t-il accru en vingt ans? - rompt avec la tentation de s'abandonner à cette mélancolie à tonalité d'apocalypse dont on ne se libère que dans la flèche stylistique, le witz fulgurant qui dit vrai sans laisser d'espoir, la véhémence qui ne croit plus pouvoir réveiller. Aujourd'hui où le ton de l'alerte est devenu général, c'est l'impératif d'espérer qu'il me semble le plus important de rappeler, c'est une certaine joie que nous aimerions contribuer à faire renaître.

Ces précisions ne constituent pas un bémol au texte ci-dessous : les situations sont différentes. En un temps marqué par ce qu'il appelait la « dé-bovarysation » culturelle prônée par les « enfants de Bourdieu », Daney osait indiquer qu'on pouvait y résister, à gauche. L'étrange situation intellectuelle d'aujourd'hui, c'est que la dé-bovarysation en question a généralement adopté un ton apocalyptique. Raison supplémentaire, s'il en est besoin, de suivre le « vivre fragilement » (donc démocratiquement) dont il montrait l'exemple, mais en pariant désormais sur l'avenir, même si nous en avons perdu toute figure.

Serge Daney, après avoir été longtemps critique aux Cahiers du cinéma, puis, à partir de 1973, rédacteur en chef, était entré à Libération en 1981, pour tenir une rubrique consacrée au cinéma, puis à la télévision et plus généralement à l'image. Articles et entretiens ont été republiés en recueils. Mais j'ai écrit ce texte avec des coupures de journaux, sans en noter les références. Merci à Lise Forment d'avoir eu la patience d'en retrouver certaines.

 

 

 

H. M.-K.

 

 



Adieu à Serge Daney

 

Hélène
Merlin-Kajman

09/06/2012

 

 

 

A ceux qui se disent choqués, il devrait être possible de dire qu'on doit pouvoir vivre en rapport avec une part (un « quota » ?) raisonnable de scandale. Pas par tolérance molle, mais parce que nul n'est obligé d'oublier l'horreur sur laquelle tout lien social s'édifie. Il y a dans nos sociétés un potlatch d'images avec lequel il faut savoir vivre [...] De toutes façons, la capacité de ne pas toujours remplacer ce qui nous excède par ce qui nous arrange n'est que la preuve en nous d'un peu de maturité. Ou tout simplement – mais le mot a à ce point disparu des discours actuels qu'on ne l'écrit plus sans appréhension – d'« humanisme ».

Mais enfin, la démocratie, ce n'est pas un prélèvement statistique ou une étude de marché ! C'est la façon dont une société sait – ou ne sait pas – mettre en commun (y compris par l'affrontement théâtral, le jeu, la violence, le talent, la dérision, le comique) ses propres contradictions. C'est une machine à vivre avec de l'antagonisme, de l'irrésolu, de l'inconciliable, du minoritaire au sein même du groupe, au sein de l'individu même.

Serge Daney

 

 

Je ne savais pas grand chose de Serge Daney. Jamais rencontré, jamais lu avant qu'il n'écrive dans Libération. Pas tout de suite su qu'il avait dirigé Les Cahiers du cinéma. Bref rien de ce qui constitue de façon externe une figure d'auteur, avec sa charge plus ou moins inconsciente, reconnue ou contestée, d'autorité préétablie, préalable à l'écrit.

Mais peu à peu, il m'avait imposé son nom propre, en m'imposant sa voix. Le propre de sa voix, ce propre que je désigneraisencore une fois par l'expression de Beckett : bon qu'à ça.

Imposer : le mot risque, pour des exégètes pointilleux, de sonner comme l'indice de la violence insidieuse qu'exercerait toujours tout sujet prenant parole pour « convaincre et émouvoir ». Mais quand on cherche à convaincre d'un questionnement, comme il le faisait ? M'imposant par là une voix qui était comme la mienne, ou pour mieux dire, m'imposant ma propre voix, me faisant place, pour être plus libre, dans son propre combat, dans le mouvement récurrent de son propre arrachement à la passivité, à l'attentisme face à la brutalité, l'imposition brutale de la bêtise. Pouvoir ? Sans doute. Hommage soit rendu à ceux qui ont un tel pouvoir.

Ses textes m'accueillaient : accueillaient le désarroi, la colère, la perplexité, me réveillaient de l'indifférence, de la tentation du retrait, de l'impassibilité, ces états sans mots, en peine de mots. En le lisant, j'entrais dans un espace de sens, un espace où le « réel » prenait sens. Un sens généralement catastrophique. Mais, dit par une voix humaine, ce réel redevenait notre possible, notre affaire d'humains. Sa voix m'a ainsi délivrée de ma phobie de la télévision, en me la rendant intelligible, communicable : sa voix me relevait de la solitude critique, celle qui fait l'aigreur, le ressassement stérile, ou l'indifférence. Elle m'obligeait.

A la vérité, avec Serge Daney, la question de la responsabilité était toujours posée là, dès la première ligne : affaire de ton, affaire de présence d'un responsable dans le texte. Et du coup, supposant et induisant en face de soi un responsable aussi, le lecteur. En le lisant, j'avais toujours l'impression qu'il me parlait : tout simplement parce que son discours, dynamique, passionné et rigoureux tout à la fois, introduisait en soi-même, comme forme, la contradiction, le débat. Me donnant ma place active, m'invitant à penser, à « répondre » – répondre non pas dans un (illusoire ?) dialogue (lettre, rencontre) mais répondre de ça, à ça, à ma place, dans mon ordre. Et j'avais rêvé en retour qu'il puisse devenir l'un de nos correspondants, lui qui écrivait par exemple :

Car il pèse désormais une menace sur le contrat minimum qui veut qu'un film soit, malgré tout, tourné vers le dehors. Un dehors qui soit le lieu de l'autre, altérité dont le « public » n'est que la forme la plus traditionnellement désirable.

Je ne savais donc presque rien de lui. J'en sais un peu plus maintenant qu'il est mort, j'ai lu des articles nécrologiques le concernant, notamment celui de Serge July racontant leur différend, dans l'affaire d'Uranus. Et dans cet article, c'est comme si, forcé à l'honnêteté devant le mort, ou du moins au malaise, July nous donnait à entendre, mais pour la dernière fois, non seulement la voix de Daney, mais aussi sa voix à lui, July, un certain Serge July, celui qui a dû consonner avec l'autre Serge, Daney.

Il y a des morts qui soulignent des évolutions, les accélérant, donnant à leur entourage l'occasion des ruptures significatives, des reniements définitifs. Angoisse injustifiée peut-être, et je voudrais le croire, j'entends la mort de Serge Daney comme la mort d'une position morale et politique singulière, celle d'une génération dont il ne reste, dans cette position, que bien peu – et à laquelle Serge July donnerait un dernier coup de chapeau avant le dernier coup de poignard (peut-être n'est-ce déjà pas si mal ?). Position à la fois fidèle et infidèle (nécessairement infidèle) à l'engagement, l'exigence d'engagement, des années 60-70. Bien peu, dont lui, à avoir eu la force de renoncer à certaines de nos certitudes les plus confortables (celles qui étaient bétonnées dans la parfaite mécanique d'un discours théorique sans faille), sans renoncer à l'exigence de vrai que cet engagement comportait : n'en conservant que son tourment, non son triomphe.

Cela me rappelle un autre article nécrologique, celui que Serge Daney avait écrit lors de la mort d'Althusser. Pour des raisons en partie personnelles, mais en partie aussi je suppose partagées par quelques-uns d'entre nous, cet article – exceptionnel en ce sens – m'a vivement frappée : il est même venu directement me frapper, juste, quoique dur, voire injuste, discutable, que sais-je ? A la vérité, sa justesse ne résidait pas forcément dans ce qu'il disait – mais dans ce qu'il pointait, dans son geste, un geste exemplaire de cette fidélité-infidélité que j'évoque : infidèle pour plus de fidélité à soi, dans l'acceptation de la blessure narcissique qu'implique de s'échapper à soi-même, de s'écarter de soi non pour se renier, ni s'oublier, mais pour rester plus digne de soi – de soi en tant qu'humain.

Je me rappelle ces années sombres où tout a vacillé, où, après ce vacillement, il a fallu comprendre autrement :l'échec de l'union de la gauche, quand se sont trouvés engloutis nos espoirs les plus obstinés, puis ce long cortège de morts, l'assassinat de Goldman, le suicide de Poulantzas, le quasi suicide de Barthes, la mort de Sartre – deux fois, à ces occasions, la rue, la génération de 68 dans la rue, vers le Père Lachaise ou le cimetière Montparnasse... Puis, coup de tonnerre, le meurtre par Althusser de sa femme. Jusqu'alors, nous assistions, pathétiques, à un engloutissement vécu comme une menace de mort portée sur nous par l'Ennemi – voilà que la menace, soudain, sortait de nous... Il aura fallu alors, ou bien, tout biffer en soi-même dans la honte et la panique, ou bien, tout repenser, et désormais vivre fragilement.

Puis Althusser est mort (octobre 1990), et nous l'avions presque oublié (entre temps, un lapsus obstiné nous faisait constamment évoquer « la mort d'Althusser » pour parler de ce fait divers). Et Daney, le seul, a réévoqué, du lieu de sa propre expérience (de « notre » expérience), ces grandes ondes de choc qui « nous » ont parcourus :

La terreur est un plat trop typiquement français pour qu'il ne nous souvienne pas de la dernière fois où nous l'avons goûté. J'entends par « nous », le carré ultra-tardif de ceux qui eurent besoin du fascisme chinois de la Révo cul pour faire, sous les quolibets navrés de leurs aînés, un dernier tour de piste dans le scénario du « grand soir ». Quiconque, enfant français, a préféré Robespierre à Danton et Saint-Just à Robespierre, est exposé à délirer sec lorsque quelque chose comme un « théâtre de la terreur » lui ouvre ses portes, fussent-elles celles de l'Odéon.

C'est dans Louis Althusser que ce dernier carré apprit souvent son marxisme. Prenant pour un « passeur » un homme qui n'était que crucifié par des contradictions plus fortes que lui, nous sûmes gré à l'auteur de Lire le Capital de ne pas avoir à lire le Capital par nous-mêmes [...]. Nous lui sûmes gré d'avoir établi quelque part une passerelle fragile en direction de Lacan et rien ne servit mieux à la terreur théorique que l'assimilation rapide de l'idéologie à l'imaginaire et de la science au symbolique. Quant au réel, trou noir, selon Lacan, il devait mettre tout le monde d'accord en engloutissant Althusser, emporté par un fait divers, disparu corps et oeuvre.

Faut-il regretter la Terreur ? Evidemment non. Sauf que la France actuelle, celle où c'est Le Pen qui a repris le refrain de la « terreur intellectuelle » là où il n'y a que minauderies médiatiques, n'a toujours pas appris à faire de la tolérance une vertu positive et gaie.

La seule leçon de la terreur tardive dans laquelle une partie du gauchisme intellectuel s'est formée il y a vingt ans, c'est que ce sont toujours les terrorisés qui terrorisent. La belle prose d'Althusser donnait un sentiment de rigueur implacable. Le travail de fourmi de son élève Poulantzas était le manuel de fer d'une nouvelle classe de néo-convertis. Et pourtant, le premier est devenu un criminel et le second s'est jeté par la fenêtre. Et lorsque cela arriva, leurs lecteurs d'hier, désenchantés, s'en battirent totalement l'œil.

Difficile de dire à la nouvelle génération qui, parfois, nous « envie » vaguement d'avoir vécu passionnément quelque chose entre la fin des années soixante et le début des années soixante-dix que, même question terreur, nous avons un peu triché avec nos « maîtres ». Nous les avons choisis brillants mais faibles. C'est « subjectivement » que ceux qui travaillèrent à une théorie du sujet dans l'histoire ne tinrent pas la route. Triste ruse de la fin de l'histoire. [1]

 

J'ai essayé de le couper pour le citer, et puis, je n'ai (presque) pas pu : chaque mot compte, chaque mot me touche. A-t-il raison, a-t-il tort ? A la vérité, je ne sais pas. Quand je relis cet article, je me sens emportée subjectivement,par un effet de vérité qui touche à ce que j'ai vécu, à ce moment là et depuis. Car Serge Daney y expose le mouvement de ce que j'ai ressenti, et ressens encore comme une nécessité à la fois personnelle et historique, mouvement de recherche, hors de la théorie ou à ses marges, d'une position intellectuelle (indissociablement théorique, politique et « artistique », soit une écriture aussi), et d'une conduite, qui tiennent la route (mais pas trop, pour être prête aux accidents de parcours)...

C'est comme s'il me restituait mon expérience : me permettait désormais d'en parler, de m'y référer, de la constituer, non plus secrètement et presque honteusement mais cette fois publiquement, comme repère possible... En ce sens, c'était un véritable « écrivain », au sens où il entendait cette charge dans un article magnifique intitulé « Marché de l'individu et disparition de l'expérience » :

Et c'est bien parce que l'expérience échappe – dès qu'elle est forte – qu'il y eut si longtemps des médiateurs (allant du saint au charlatan et de l'ami au traitre) pour aider à trouver « les mots pour le dire ». Et des acteurs pour y prêter leur corps, des artistes pour s'y casser le nez et des écrivains pour conclure, tristement, comme Virginia Woolf : « Les expériences de la vie sont incommunicables, et c'est ce qui cause toute la solitude. » [2]

Dans l'article consacré à Althusser en effet, pour la première fois j'ai lu, dans une même chaîne de mots, pris dans la trame d'une seule voix dont la passion m'atteignait comme on tend la main à quelqu'un dans l'obscur, ce qui aura été pour moi expérience la plus intime mais sur fond d'Histoire, de groupe, d'émotions partagées – irrationnelle dans sa douleur – excessive et même disproportionnée ! dérisoire en un certain sens... – ces morts, Althusser et Poulantzas – personne n'avait écrit alors qu'il s'était suicidé, quinze jours après l'assassinat de Goldman, submergé par un délire de culpabilité, m'a-t-on dit, qui lui faisait répéter : « ce n'est pas moi qui ai tué Goldman » – ces morts, et, dans leur retournement stupéfiant, la conscience fichée dans un coin de notre chair d'une autre intolérance, Le Pen... Une chaîne qui n'est évidemment pas une analyse rigoureuse (et qui n'en dispense pas), mais qui fait écho à ce qui « nous » travaille, en-deçà de nos discours, dans l'abîme de notre réalité... Et je me sens toujours exigible de ce qu'il y dit, prise dans la communauté (blessée, mais présente) du « nous » qu'il y inscrit, soucieuse de continuer cette fidélité/infidélité qu'il y expose en nous exposant – et cette fois nous tous, ses lecteurs – au blâme.

Des années après, voilà que meurt à son tour celui qui pouvait rappeler tout cela – donner des mots vrais à la faillite de notre engagement passé, mesurer, rétrospectivement et prospectivement, c'est-à-dire en répondant « présent ! » à l'interpellation de l'événement, la menace totalitaire dont nous avons été les complices, pour nous rendre autres qu'impuissants. Celui qui n'arrêtait pas de rappeler – d'avertir, d'alerter – l'horreur ordinaire dans laquelle risque de s'enliser notre société, vide désormais de toute scène politique crédible et de toute représentation vraie de ses conflits.

Tous ces jours, je l'ai beaucoup relu, et je me sens comme hantée de tristesse. Ses textes sont eux-mêmes habités par un désespoir historique que je partage. Mais leur écriture – l'existence évidente, à fleur des mots, d'un quelqu'un pour tenir la plume et nous prêter son regard – contredisait ce désespoir : il était là. Le lire me redonnait espoir, espoir à mon désespoir. Qui maintenant m'adressera un tel message ?

Il avait un ton apocalyptique que j'aimais. Je me demande qui, maintenant, aura le courage, et le talent – la vertu – de l'adopter. La modernité – l'idéologie de la modernité, sous toutes ses formes, ses avatars – et nous sommes modernes ou post-modernes, n'est-ce pas ? sinon quoi ! qu'est-ce que nous pourrions bien être ? – nous a intimé de prendre des tons distanciés, « scientifiques », technocratiques, ironiques, pour parler. Pas de vibrato. Pas de passion, pas de grands mots, pas d'enthousiasme ni d'indignation, pas d'émotions, nous sommes blasés et au courant, nous sommes des habitants de ce monde avertis, nous savons bien que derrière les grands mots il n'y a rien que leur illusion et qu'elle profite fatalement aux profiteurs. Honte à celui qui s'efforce dans la pensée ! A l'époque d'une technique hautement élaborée, nous ne devons plus tâtonner, douter, pleurer de rage ou de désespoir, nous mettre à l'œuvre laborieusement, dans le ratage et la rature :

La génération du structuralisme – celle de la critique à tout crin – n'a-t-elle pas décidé un peu légèrement qu'objets voulus et objets symptômes relevaient également de l'analyse, donc de la critique ? Cela a fini par créer une « culturalisation » de toute la production matérielle de la société, légitimant celle-ci juste assez pour la constituer en marché culturel, fonctionnant au voyeurisme social. Cela a profité aux enfants de Bourdieu, ennemis jurés de toute idée d'« art » (où ils ne voient qu'une imposture) et agents ravis de la dé-bovarysation que l'on sent actuellement à l'oeuvre dans les poses et les discours culturels. Nous en sommes là et ce n'est qu'un début. [3]

Je hais moi aussi la débovarysation. Elle me remplit d'effroi, alors que je me sens transportée de sympathie pour celui qui ne sait – comme Beckett : bon qu'à ça – que « borborygmer » son nom : Charbovari. Alors que je me sens éperdue de reconnaissance envers Flaubert d'avoir, avec une telle tendresse, avec une telle cruauté – mais pas de mépris – écrit la grandeur et le désastre de ces deux vies anodines, Emma et Charles...

 



[1] Serge Daney, « La défaite de la terreur », Libération,n° 2930, mercredi 24 octobre 1990, p. 38.

[2] Serge Daney, « Marché de l'individu et disparition de l'expérience », Libération,n°3317, lundi 20 janvier 1992, p. 8.

[3] Serge Daney, « Journal de l'an présent» (« Adieu à la télévision»), Trafic. Revue de cinéma, n° 3, été 1992, POL, p. 12.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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