Samedi 10 décembre 2011

 

 

Table ronde :

Les Usages de la littérature



9h30-16h00

Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3

Salle 410, Centre Censier

 

 

 

9h30-12h00 : Autour du questionnaire : nouveaux usages de la littérature ?

 

13h30-16h00 : A-t-on besoin de littérature ? Histoire, plaisir, politique


Participants : Jérôme David (Université de Genève, Suisse), Nicholas Hammond (Université de Cambridge), Jean-Louis Jeannelle (Université Sorbonne-Paris IV), Michel Jourde  (ENS de Lyon), Vincent Kaufmann (Université de Saint-Gall, Suisse), Pierre Pachet (Université Paris Diderot-Paris 7)…

Et l’équipe de Transitions.

Avec le soutien de l’EA 174 et de l’ED 120 (Sorbonne Nouvelle-Paris 3)

 


Selon Vincent Kaufmann, l’effervescence critique des décennies 1960-1990, marquée par le mouvement « théorique-réflexif », a constitué le chant du cygne des études littéraires et peut-être de la littérature, condamnées qu’elles sont, et étaient alors déjà pour tout observateur un peu perspicace, à la marginalisation par le développement des nouveaux médias. D’autres livres au contraire soulignent actuellement l’importance morale, émotionnelle, de la lecture littéraire dans la construction de soi : pour leurs auteurs, l’existence de la littérature semble aller de soi. Un troisième courant enfin peut se définir par une autre perspective, qui est née parallèlement au mouvement « théorique-réflexif » : la littérature n’existe pas, car ses frontières et ses usages changent selon la période où on la considère. Peut-on non pas faire une synthèse de ces trois positions, ce qui serait absurde, mais avancer des propositions qui tiennent compte des différents paramètres du réel (au sens où on parle de « contraintes du réel ») qu’elles enregistrent ?

Notre journée voudrait tirer le bilan de deux années d’une réflexion que Transitions a menée autour de la question des « usages de la littérature », réflexion qui a amené le groupe, d’abord constitué autour d’un « projet innovant » dans le cadre institutionnel où il a vu le jour (l’Université de la Sorbonne Nouvelle, avec Marie-Hélène Boblet, Sarah Nancy et Nancy Oddo), à se donner, précisément, la forme d’un mouvement. Mais – dans la suite logique de ce geste – elle voudrait aussi mettre en débat la question de l’avenir : c’est-à-dire celle du choix d’une définition de la littérature, ou d’une décision d’usage de la littérature, non seulement à usage privé, mais aussi pédagogique.

Cette question est centrale. Car s’il est vrai que « la » littérature n’existe pas hors de ses conditions historiquement concrètes d’usage et de définition, s’il est vrai que le développement des nouveaux médias modifie fatalement sa place et sa fonction, s’il est vrai également que ceux qui l’aiment identifient sans peine un corpus et des plaisirs derrière ce mot, alors, l’enjeu à venir consiste peut-être à assumer l’incontournable relativisme historique qui marque notre postmodernité en le convertissant en geste et en acte : que voulons-nous faire de ce que nous voulons appeler « littérature » aujourd’hui (si tant est que nous le voulions : pas question de censurer cette question non plus) ? Pouvons-nous sortir du scepticisme éclectique par un pari qui tienne compte, lucidement, et des plaisirs et des formes du commun dont « la littérature » (avec tous les guillemets introduits par les considérations précédentes) a été souvent l’emblème symptomatique ?